Quand le bureau parle anglais… et rend fou : burn-out, bore-out et bullshit jobs
« J’ai un one-to-one à 14 h, puis un conf-call à 16 h. Si tu veux sync, on fait un quick meet demain ? » — Entendez-vous cette langue ? C’est du français de bureau. Ou plutôt : c’est du français qui a honte de lui-même.
En France, pays de Molière, de Victor Hugo et de la loi Toubon (1994) censée protéger la langue française, les bureaux parlent désormais une novlangue étrange : moitié anglais, moitié français, entièrement ridicule. On ne dit plus « réunion », on dit meeting. On ne dit plus « résumé », on dit brief. On ne dit plus « retour », on dit feedback.
Et pendant ce temps, les salariés français souffrent : de burn-out (épuisement), de bore-out (ennui pathologique) ou de bullshit jobs (emplois inutiles). Trois maux modernes, trois anglicismes. Coïncidence ? Explorons ensemble cette invasion linguistique… et la souffrance qu’elle cache.
Petit détour par la salle de pause, là où Bia et Vincent tentent de déchiffrer un email.
Bia : « Vincent, tu peux m’expliquer ? Mon chef écrit : « Peux-tu me share tes inputs sur le deliverable pour demain ASAP ? » C’est du français, ça ? Vincent : (soupir) Non. C’est du franglais de bureau. Il veut dire : « Peux-tu me partager tes idées sur le document à rendre, pour demain le plus vite possible ? » Bia : Mais pourquoi il n’écrit pas ça, alors ? Vincent : Bonne question. On dirait qu’en France, parler anglais au bureau, c’est… chic. Ou obligatoire. Ou les deux.
1. L’invasion de la novlangue : pourquoi on ne dit plus « réunion »
Depuis les années 2000, le vocabulaire des entreprises françaises s’est anglicisé à une vitesse folle. On ne « travaille » plus : on fait du workflow (flux de travail). On ne « réfléchit » plus : on fait un brainstorming (remue-méninges). On ne « note » plus les tâches : on les met dans une to-do list (liste de choses à faire).
Pourquoi cette invasion ? Plusieurs hypothèses :
- L’hégémonie américaine : les grandes entreprises américaines (Google, Apple, Microsoft) imposent leur vocabulaire via leurs outils (Slack, Teams, Asana…).
- L’appartenance à un club : parler anglais au bureau, c’est se sentir « international », « moderne », « connecté ». C’est marquer une distance sociale avec ceux qui disent encore « réunion ».
- La peur de paraître ringard : en France, dire « remue-méninges » sonne désuet. Dire brainstorming sonne « pro ».
Résultat ? Une langue hybride, bancale, où l’on « fait un meeting pour discuter du brief et définir les KPIs ». Français + anglais = fatigue linguistique.
2. Le glossaire de la souffrance : 25 anglicismes à connaître
Voici les 25 anglicismes les plus courants dans les bureaux français. Si vous ne les connaissez pas, vous êtes « out of the loop » (hors du coup, exclu).
| Anglicisme | Traduction française (moquée) |
|---|---|
| Conf-call | Conférence téléphonique |
| Meeting | Réunion |
| Input | Contribution, idée |
| Brief | Résumé, synthèse |
| Deliverable | Livrable, document à rendre |
| Actionable | Actionnable, faisable |
| ASAP | Dès que possible |
| Brainstorming | Remue-méninges |
| Deep dive | Analyse approfondie |
| Low-hanging fruit | Résultat facile à obtenir |
| KPI | Indicateur de performance clé |
| ROI | Retour sur investissement |
| Sync | Synchronisation, mise au point |
| Follow-up | Suivi |
| Feedback | Retour |
| One-to-one | Entretien individuel |
| Benchmark | Référence, comparaison |
| Roadmap | Feuille de route |
| Milestone | Jalon, étape clé |
| Workflow | Flux de travail |
| Mindset | État d’esprit |
| Empowerment | Autonomisation |
| Best practice | Bonne pratique |
| Ownership | Appropriation, responsabilité |
| Quick win | Victoire rapide |
| Blocker | Obstacle, frein |
Imaginez : votre chef vous dit : « On fait un deep dive (analyse approfondie) sur les low-hanging fruits (résultats faciles) pour avoir un quick win (victoire rapide) avant le milestone (jalon) de vendredi. Tu me sync (mets au point) ASAP (dès que possible) ? » Vous comprenez ? Bravo. Vous survivrez.
3. Le burn-out : quand le travail brûle l’âme
Le burn-out (syndrome d’épuisement professionnel) a été défini en 1974 par Christina Maslach, psychologue américaine. Selon elle, il se caractérise par trois dimensions :
- L’épuisement émotionnel : on se sent vidé, à bout, incapable de récupérer.
- La dépersonnalisation : on devient cynique, distant, on traite les collègues comme des numéros.
- La baisse du sentiment d’accomplissement : on a l’impression de ne plus rien réussir, de ne plus servir à rien.
En France, selon l’INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité) en 2023, 34 % des salariés déclarent avoir vécu au moins une fois un épisode de burn-out. C’est un tiers de la population active. Depuis 2015, le burn-out peut être reconnu comme maladie professionnelle dans certains cas (tableau 57 des maladies professionnelles).
Les causes ? Surcharge de travail, manque de reconnaissance, conflits de valeurs, hyper-connexion (emails à 22 h, messages Slack le dimanche…). Et, souvent, un environnement où l’on parle en anglicismes, où l’on « fait semblant d’être important » avec des meetings inutiles et des conf-calls interminables.
4. Le bore-out : quand l’ennui devient une maladie
Le bore-out, c’est l’inverse du burn-out : ce n’est pas l’épuisement, c’est l’ennui pathologique. Le concept a été théorisé en 2007 par deux consultants suisses, Peter Werder et Philippe Rothlin, dans un livre intitulé Diagnosis Boreout.
Qui est touché ? Les salariés « placardisés » (mis à l’écart), ceux qu’on a « mis au vert » (éloignés des tâches réelles), ceux dont le poste a été vidé de son sens. Ils viennent au bureau, restent huit heures devant un écran, mais n’ont rien à faire. Ou plutôt : des tâches inutiles, répétitives, infantilisantes.
Symptômes ? Dépression, perte d’estime de soi, honte (car on est payé pour ne rien faire), culpabilité. Le bore-out est moins visible que le burn-out, mais tout aussi destructeur.
Exemple : un salarié qui passe ses journées à « mettre à jour des tableaux Excel » que personne ne lit, à « participer à des meetings » où rien n’est décidé, à « faire des benchmarks » (comparaisons) qui ne servent jamais. Il s’ennuie. Il souffre. Il attend la retraite.
5. Les bullshit jobs : quand on sait qu’on est inutile
En 2018, l’anthropologue américain David Graeber publie Bullshit Jobs : A Theory (traduit en français : Jobs à la con). Sa thèse ? 40 % des emplois dans les économies développées n’ont aucune utilité sociale. Pire : ceux qui les occupent le savent.
Graeber distingue cinq catégories de bullshit jobs :
- *Les flunkies (larbins) : leur job, c’est de faire croire que le chef est important. Exemples : assistant·e qui ouvre les portes, réceptionniste qui ne reçoit personne.
- Les goons (brutes) : leur job, c’est d’attaquer ou de défendre. Exemples : lobbyiste, télévendeur agressif, avocat d’affaires.
- Les duct-tapers (rafistoleurs) : leur job, c’est de réparer les dysfonctionnements évitables. Exemples : technicien qui répète les mêmes réparations parce que le système est mal conçu.
- Les box-tickers (cocheurs de cases) : leur job, c’est de produire des rapports que personne ne lit. Exemples : chargé·e de mission « diversité » dans une boîte qui ne fait rien pour la diversité.
- Les taskmasters** (chefs de tâches) : leur job, c’est de créer du travail inutile pour les autres. Exemples : manager intermédiaire qui organise des meetings inutiles.
Traduction française : larbins, brutes, rafistoleurs, cocheurs de cases, chefs de tâches. En France, on en connaît tous. Ils sont partout. Ils font des deliverables (livrables) que personne ne lit, des roadmaps (feuilles de route) que personne ne suit, des KPIs (indicateurs) que personne ne regarde.
6. Le paradoxe français : 35 heures… et burn-out record
La France a inventé les 35 heures (loi Aubry, 1998). Elle a l’un des droits du travail les plus protecteurs d’Europe : congés payés, RTT, protections contre le licenciement, médecine du travail obligatoire. Et pourtant, elle a l’un des taux de burn-out les plus élevés de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économiques).
Pourquoi ce paradoxe ?
- La pression managériale : en France, le management est souvent hyper-hiérarchique, infantilisant, contrôlant. Les salariés ont peu d’autonomie réelle.
- Le présentéisme : être au bureau de 9 h à 19 h, même si on n’a rien à faire, est souvent valorisé. Partir à 17 h, c’est « ne pas être impliqué ».
- L’hyper-connexion : malgré les 35 heures, beaucoup de cadres travaillent 45, 50, 55 heures par semaine via emails, conf-calls tardives, syncs le week-end.
- Le manque de reconnaissance : en France, on critique facilement, on félicite rarement. Le feedback (retour) est souvent négatif.
Résultat ? Des salariés épuisés, coincés entre la promesse des 35 heures et la réalité d’une culture du travail intense, anxiogène, souvent vide de sens.
7. Que faire ? Pistes sans naïveté
Face à cette souffrance au travail, plusieurs pistes émergent :
Le droit à la déconnexion
Depuis la loi El Khomri (2016), les entreprises de plus de 50 salariés doivent garantir un droit à la déconnexion : pas d’emails professionnels le soir, le week-end, pendant les congés. Dans la pratique ? C’est encore souvent un vœu pieux.La semaine de 4 jours
Plusieurs entreprises françaises testent la semaine de 4 jours (32 heures, salaire maintenu). Résultats : productivité stable ou en hausse, bien-être accru, turnover réduit. Mais cela reste marginal.Le retour du bien-être au travail
Certaines entreprises (surtout startups) investissent dans le « bien-être » : salles de sport, séances de méditation, télétravail flexible, espaces de repos. Mais attention à l’effet vitrine : du baby-foot et des fruits frais ne compensent pas un management toxique.Repenser le sens du travail
La vraie question, peut-être, est celle-ci : à quoi sert ce que je fais ? Si la réponse est « à rien », si votre job est un bullshit job, alors aucun brainstorming ni aucun empowerment (autonomisation) ne vous sauvera. Il faudra changer de poste. Ou changer de vie.Sans naïveté : ces pistes ne sont pas des panacées. Le travail, dans une économie capitaliste, restera souvent aliénant. Mais reconnaître la souffrance, la nommer, la mesurer, c’est déjà un premier pas.
Mini-lexique (18 termes)
| Français | Português (BR) |
|---|---|
| La novlangue | A neolíngua |
| Un anglicisme | Um anglicismo |
| Le présentéisme | O presenteísmo |
| Un placardisé | Um funcionário marginalizado |
| Un flunky (larbin) | Um puxa-saco |
| Un box-ticker (cocheur de cases) | Um burocrata inútil |
| La déconnexion | A desconexão |
| La souffrance au travail | O sofrimento no trabalho |
| Le burn-out | O esgotamento profissional |
| Le bore-out | O tédio patológico |
| Un bullshit job | Um emprego inútil |
| Un meeting | Uma reunião |
| Un deliverable | Um entregável |
| ASAP (as soon as possible) | O quanto antes |
| Un conf-call | Uma teleconferência |
| Un feedback | Um retorno |
| Un brainstorming | Uma sessão de ideias |
| Un one-to-one | Uma conversa individual |
Voilà. Vous savez maintenant pourquoi, en France, on parle anglais au bureau… et pourquoi on en souffre. Burn-out, bore-out, bullshit jobs : trois mots pour trois maux. Trois anglicismes pour dire une même chose : le travail moderne fait mal.
Alors, la prochaine fois qu’un collègue vous propose un quick sync pour share ses inputs, vous pourrez sourire. Ou pleurer. Ou démissionner. Chacun son mindset (état d’esprit).
— Lionel Philippe · alias « Monsieur Merci Bonjour »
Exercices
QCM — Compréhension globale
1. Quel est le thème principal de cet article ?
- a) L'histoire de la langue française depuis le Moyen Âge
- b) L'anglicisation du vocabulaire de bureau en France et ses conséquences sur le bien-être des salariés
- c) Les meilleures pratiques pour organiser une réunion d'entreprise
- d) Les différences entre l'anglais britannique et l'anglais américain
2. Selon le texte, pourquoi les entreprises françaises utilisent-elles des anglicismes au bureau ?
- a) Parce que la loi Toubon l'impose
- b) Pour des raisons d'hégémonie américaine, de sentiment d'appartenance à un « club » moderne, et pour ne pas paraître ringard
- c) Parce que le français est une langue trop compliquée
- d) Parce que tous les salariés français parlent couramment l'anglais
3. Que représente le dialogue entre Bia et Vincent au début de l'article ?
- a) Une critique humoristique du franglais de bureau
- b) Un exemple de communication efficace en entreprise
- c) Un cas de burn-out professionnel
- d) Une démonstration des avantages du vocabulaire anglais
4. Quels sont les trois « maux modernes » mentionnés dans l'introduction ?
- a) Le stress, la dépression et l'anxiété
- b) Le burn-out, le bore-out et les bullshit jobs
- c) Le chômage, la précarité et l'isolement
- d) L'ennui, la fatigue et la démotivation
5. Quelle est la tonalité générale de cet article ?
- a) Entièrement neutre et scientifique
- b) Pessimiste et catastrophiste
- c) Ironique et critique, avec une pointe d'humour
- d) Optimiste et encourageante
QCM — Compréhension détaillée
1. Que signifie exactement « one-to-one » dans le contexte du bureau français ?
- a) Une réunion avec tous les salariés
- b) Un entretien individuel entre deux personnes
- c) Une conférence téléphonique
- d) Une présentation devant le directeur
2. Quelle est la fonction principale du tableau des 25 anglicismes ?
- a) Enseigner l'anglais aux salariés français
- b) Montrer l'ampleur de l'anglicisation du vocabulaire de bureau et ses traductions françaises (souvent moquées)
- c) Prouver que l'anglais est supérieur au français
- d) Simplifier la communication en entreprise
3. Comment l'article justifie-t-il l'utilisation de « brainstorming » plutôt que « remue-méninges » ?
- a) Parce que brainstorming est plus facile à prononcer
- b) Parce que « remue-méninges » sonne désuet, tandis que brainstorming semble plus « pro » et moderne
- c) Parce que le français n'a pas d'équivalent
- d) Parce que la loi l'exige
4. Selon Christina Maslach (mentionnée dans la section 3), le burn-out se caractérise par :
- a) Un seul symptôme : la fatigue extrême
- b) Deux dimensions principales : le stress et la dépression
- c) Trois dimensions (le texte ne les détaille pas complètement, mais les cite)
- d) Plus de cinq dimensions différentes
5. Quel rôle jouent les outils numériques américains (Slack, Teams, Asana) dans l'anglicisation des bureaux français ?
- a) Aucun rôle, ce sont simplement des coïncidences
- b) Ils imposent leur vocabulaire anglais aux entreprises qui les utilisent, ce qui favorise l'hégémonie linguistique américaine
- c) Ils améliorent la compréhension mutuelle entre salariés
- d) Ils permettent de mieux apprendre le français
Appariement — Vocabulaire clé du monde du travail français
Associez chaque terme à sa définition :
| Terme | Définition |
|---|---|
| 1. Fiche de poste | A. Supérieur hiérarchique direct (directeur ou manager immédiat) |
| 2. N+1 | B. Salaire avant retenues et cotisations sociales |
| 3. Brut | C. Salaire après retenues et cotisations sociales |
| 4. Net | D. Document décrivant les missions, responsabilités et compétences requises d'un poste |
| 5. Arrêt maladie | E. Accord de rupture du contrat de travail accepté par les deux parties (employeur et salarié) |
| 6. Rupture conventionnelle | F. Réunion d'équipe, rassemblement professionnel |
| 7. Meeting | G. Certificat médical autorisant l'absence au travail pour raison de santé |
| 8. Brief | H. Évaluation critique ou commentaires sur le travail ou les performances |
| 9. Feedback | I. Objectifs mesurables utilisés pour évaluer la performance (ex. : nombre de ventes, satisfaction client) |
| 10. KPI | J. Résumé rapide ou synthèse d'informations essentielles |
Production courte — Questions ouvertes
Question 1 : Analysez l'ironie de l'article
« Explorez comment l'article utilise l'humour et l'ironie pour critiquer l'anglicisation du vocabulaire de bureau. Donnez deux exemples concrets du texte. »
Exemple de réponse attendue :
L'article utilise l'ironie en montrant le contraste entre la protection de la langue française (loi Toubon) et la réalité des bureaux français qui parlent franglais. Par exemple, lorsque Bia demande si « share tes inputs sur le deliverable » est du français, Vincent répond « Non. C'est du franglais de bureau » — ce qui souligne l'absurdité. L'article ironise aussi en disant que la France est « le pays de Molière » mais que « les bureaux parlent une novlangue étrange : moitié anglais, moitié français, entièrement ridicule ». Cette contradiction est amusante et critique à la fois.
Question 2 : Que pensez-vous de l'emploi d'anglicismes au travail ?
« Argumentez : croyez-vous que les anglicismes facilitent ou compliquent la communication en entreprise ? Justifiez votre réponse avec au moins deux arguments. »
Exemple de réponse attendue :
Argument en faveur : Les anglicismes peuvent faciliter la communication dans les entreprises internationales, car ils sont compris partout. Par exemple, « meeting » ou « KPI » sont universels.
Argument contre : Cependant, les anglicismes peuvent exclure les salariés qui ne maîtrisent pas l'anglais et créent une « fatigue linguistique ». De plus, utiliser des anglicismes pour des concepts simples (« meeting » au lieu de « réunion ») semble inutile et prétentieux. Cela peut aussi contribuer à la souffrance au travail mentionnée dans l'article (burn-out, bore-out).
Corrigés
Corrigé QCM — Compréhension globale
| Question | Réponse | Justification |
|---|---|---|
| 1 | b) | L'article traite de l'anglicisation du bureau français et de ses conséquences (burn-out, bore-out, bullshit jobs) |
| 2 | b) | Le texte cite trois raisons : hégémonie américaine, sentiment d'appartenance à un « club » moderne, peur de paraître ringard |
| 3 | a) | Le dialogue est une scène humoristique montrant l'absurdité du franglais : l'email est inintelligible en français |
| 4 | b) | Mentionnés explicitement dans l'introduction : burn-out, bore-out, bullshit jobs |
| 5 | c) | L'article utilise l'ironie, le sarcasme et l'humour pour critiquer l'anglicisation (« entièrement ridicule », dialogues comiques, listes exhaustives) |
Corrigé QCM — Compréhension détaillée
| Question | Réponse | Justification |
|---|---|---|
| 1 | b) | « One-to-one : Entretien individuel » — entretien entre un salarié et son manager |
| 2 | b) | Le tableau montre 25 anglicismes courants avec leurs traductions françaises (souvent entre parenthèses, marquées comme « moquées »), soulignant l'absurdité de l'anglicisation |
| 3 | b) | Le texte dit : « dire 'remue-méninges' sonne désuet. Dire brainstorming sonne 'pro' » |
| 4 | c) | L'article mentionne : « il se caractérise par trois dimensions » mais ne les détaille pas complètement (le texte s'interrompt) |
| 5 | b) | L'article identifie l'« hégémonie américaine » comme une cause : « les grandes entreprises américaines (Google, Apple, Microsoft) imposent leur vocabulaire via leurs outils (Slack, Teams, Asana…) » |
Corrigé Appariement — Vocabulaire clé
| Terme | Réponse | Justification |
|---|---|---|
| 1. Fiche de poste | D | Document décrivant missions et responsabilités |
| 2. N+1 | A | Manager direct, supérieur hiérarchique immédiat |
| 3. Brut | B | Salaire avant cotisations (notion clé en France) |
| 4. Net | C | Salaire après cotisations (ce que reçoit le salarié) |
| 5. Arrêt maladie | G | Certificat médical pour absence justifiée |
| 6. Rupture conventionnelle | E | Accord mutuel de fin de contrat de travail |
| 7. Meeting | F | Réunion (anglicisme critique dans l'article) |
| 8. Brief | J | Synthèse rapide d'informations |
| 9. Feedback | H | Commentaires/évaluation du travail |
| 10. KPI | I | Indicateurs de performance mesurables |
Corrigé Production courte
Question 1 : Analysez l'ironie
Critères d'évaluation :
- ✓ Identification claire de l'ironie (contraste entre protection/réalité, ou absurdité du franglais)
- ✓ Au moins deux exemples précis du texte
- ✓ Explication de l'effet critique/humoristique
Exemple complet :
L'article utilise l'ironie en révélant le paradoxe français : la nation qui protège sa langue avec la loi Toubon (1994) parle désormais un franglais ridicule au bureau. L'ironie culmine dans l'ouverture : « C'est du français de bureau. Ou plutôt : c'est du français qui a honte de lui-même. » Deuxièmement, le dialogue entre Bia et Vincent amplifie l'ironie : Bia demande innocemment si « share tes inputs sur le deliverable » est du français ; Vincent répond que ce n'est que du « franglais de bureau » — ce qui souligne l'absurdité. L'article se moque ainsi de ceux qui croient que parler anglais rend plus « pro » ou « moderne ».
Question 2 : Argumentation sur les anglicismes
Critères d'évaluation :
- ✓ Position claire (pour/contre ou équilibré)
- ✓ Au minimum deux arguments développés
- ✓ Exemples ou justifications
- ✓ Lien possible avec le contenu de l'article
Exemples de bonnes réponses :
Position 1 (contre les anglicismes) :
Les anglicismes compliquent la communication. D'abord, ils excluent les salariés moins anglophones. Un manager qui demande de « share tes inputs » au lieu de « partage tes idées » crée de la confusion et du stress. Deuxièmement, utiliser de l'anglais pour des concepts simples semble prétentieux et inutile — pourquoi dire « meeting » au lieu de « réunion » ? Cela contribue à la fatigue et à la souffrance au travail mentionnées dans l'article.
Position 2 (pour les anglicismes) :
Les anglicismes facilitent la communication internationale. Dans une entreprise avec des salariés de plusieurs pays, utiliser des termes anglais universels (« KPI », « milestone* ») évite les traductions laborieuses. Cependant, il faudrait les utiliser de manière modérée et cohérente, pas comme ici où le franglais devient chaotique.

